samedi 14 juillet 2007

La Réunion 2


Saint – Leu

Sur la route qui va de Saint-Gilles à Saint-Pierre, juste avant Saint-Leu on trouve sur la droite Kelonia, l’observatoire de tortues marines de l’ile de la Réunion.
On peut y observer plusieurs espèces de tortues marines dans un environnement reconstitué et quelques espèces de tortues terrestres.
C’est aussi un centre de soin pour les tortues victimes de pollution ou de pêche accidentelle. Un effort pédagogique certain y a été déployé pour la connaissance des tortues, mais on peut y apprendre également que les pécheurs Vezo, peuplade de pécheurs malgaches du canal de Mozambique (entre l'Afrique et Madagascar) étaient spécialistes de la pêche à la tortue et bien d’autres choses…

Je me rappelle les balades que j’ai faites, il y a quelques années au sud de Tuléar sur les pirogues à balancier des vezo. Ce sont des pirogues fragiles qui ne supporteraient pas la houle de l’océan indien. Du côté Est,vers les pangalanes, les pécheurs utilisent la pirogue simple, beaucoup moins stable mais résistante à la houle.
De nos jours, les pécheurs Vezo ne pratiquent qu’une pêche vivrière, à l’exception du requin dont ils commercialisent les ailerons, avec comme intermédiaire une sorte de colporteur qui les ramassent régulièrement pour les expédier vers la Chine. Lorsqu’ils prennent un grand nombre de requins, trop pour se nourrir, ils rejettent à la mer les corps privés de leurs ailerons. Quelques Vezo se sont mis au cabotage sur les boutres qui règnent encore tout autour de l’ile de Madagascar et qui restent pour les points éloignés le seul moyen d’accès pour les marchandises. On peut encore assez facilement voyager en boutre de Monrodave aux iles du nord, ou redescendre, si l’on ne craint pas la mer, à l’Est, d’Anthala à Tamatave. Pour moi, le voyage sur le canal du Mozambique fut romantique ; Le trajet sur l’océan indien dur et sportif et les deux riches en apprentissages.
Cette visite m’a rappelé les tortues qui font la légende, et parfois l’attraction, d’un des lacs d’Hanoï, le lac Hoan Kiem au Vietnam. Existe-t-il de gigantesques tortues d’eau douce comme il existe des dauphins Irrawady au Miannar et dans le Mékong ? Je connais bien les dauphins du Mékong et j’ai vu une tortue, à plusieurs reprises, à Hanoï. Mais… Cette tortue n’apparait que pour les grands évènements !
Pour les amateurs de tortues de terre : les plus grosses que j’ai vues étaient au jardin d’acclimatation de Tananarive ; C’étaient aussi les plus vieilles. Elles avaient été offertes à une reine de Madagascar dont j’ai perdu le nom et depuis avaient pris trois fois la taille de celles de Kelonia, qui sont cependant très belles.

mercredi 11 juillet 2007

La Réunion 1


Saint Gilles .

C’est l’hiver austral. Il fait sur la cote ouest et particuliérement à Saint-Gilles, un temps magnifique, vraiment sans chaleur excessive, une petite laine reste supportable.
En direction de l’Est, pour l’instant en vain, les nuages essayent de franchir les montagnes des cirques. Quelques touristes trempent leurs pieds dans l’eau et les Réunionnais font un petit repas sur la plage.
Les enfants construisent sur le sable, ou pour changer, font de l’alpinisme sur le tronc d’arbre centenaire dont les racines sont des cavernes fabuleuses. Ce jour, un magnifique chiot occupait l’une d’elles et n’avait pas l’intention d’y accueillir deux jeunes princesses pourtant merveilleuses…
Les plages sont sécurisées, les touristes qui seraient pris dans un courant peuvent s’agripper aux « Rescue Ropes » qui sont accrochées à la barrière de corail. En bon français, ce sont des « pendilles de rattrapage », il faut le savoir… Mais c’est plus facile en Anglais.

Le voyage a été agréable, le temps d’attente dans les gares et aéroport fastidieux : La gare de Vichy en réparation, était envahie par les eaux ! L'informatiques était en panne! Les aéroports étaitent envahis par les vacanciers de juillet… Et de surcroit, les loueurs de voiture de Gillo m’ont donné une Clio « dernier modèle» : il n’y a plus de clefs pour le démarrage, elle se ferme et s'ouvre lorsqu'on s'approche avec la carte magnétique
La réception à l’hôtel de charme « Les bougainvilliers »est digne d’éloges superlatifs. Elle va me faire aimer cette ile de la Réunion sur laquelle je n’ai que des obligations.

La chartreuse de Sainte-Croix


De nombreuses pages ont été écrites sur cette chartreuse du XIII siècle.
Il ne sera relaté à son propos, pour l’instant, que deux remarques qui touchent la contrée ou est notre commune.

La première remarque concerne les gens illustres qui ont assisté ,le 24 février 1280, à la remise de la chartreuse de Sainte-Croix par Béatrice de Roussillon, née de la Tour du pin, à Pondus de Sablière. Le mari de Béatrice est Guillaume de Roussillon .C’est le cousin d’Agne V de Meymont par Béatrice de Baffie ,sœur de sa grand mère Matheline.
Matheline avait eu un autre enfant de Artaud de Rousillon : Beatrice de Roussillon, èpouse de Godemar de Jarez qui enfanta Florie de Jarez,, ce qui m’a compliqué l’existence…

Béatrice est alors une femme de quarante ans qui a perdu son époux, Guillaume de Roussillon à la suite d’une expédition suicidaire ou presque, décidée par Philippe le Hardy en 1275, pour renforcer la garnison de St Jean d’Acre, seule place à résister encore en terre sainte. (Saint-Jean d’Acre ne fut perdu que quinze ans plus tard, le 28 mai 1291).
A Saint jean d’Acre le grand maitre des templiers était Guillaume de Beaujeu qui le fut du 13 Mai 1273 au 18 mai 1291.
Guillaume. aurait été victime d’un complot entre Charles d’Anjou et Guillaume de Beaujeu, Maitre de l’ordre du temple.
Il faut noter que Charles d’Anjou, roi de Sicile était l’oncle du Hardi, victimes des « vêpres siciliennes » .Pour venger le massacre sicilien, supposé organisé par Pierre III d’Aragon, Philippe le hardi traversa le Roussillon pénétra en Catalogne et malade revint à Perpignan pour y mourir le 5 octobre 1285, cinq ans après la fondation de la chartreuse de Sainte-Croix.
Quelques auteurs s’interroge sur le but réel de la mission du mari de Béatrix. Ils laissent entendre que le but réel de la mission de Guillaume aurait été, plus que militaire, des relations d’affaires économiques entre Hardi et l’ordre du temple. Le fils de Hardi, Philippe le Bel, qui a installera la papauté en Avignon, confisquera les biensdes templiers en 1309 après avoir fait emprisonner tous ceux du royaume le 13 octobre 1307.

Cette longue parenthèse fermée, signalons maintenant qu’à cette fondation, outre des parents comme Amédée de Roussillon, des éclésiastiques, il y avait un jeune homme dont nous avons déjà parlé le damoiseau Pierre Flotte qui réside à la cour de Vienne et se marie la même année. Il est légiste du futur Dauphin Humbert de la Tour, frére de Béatrice. Lorsque 15 ans après, Philipe de Valois le récompensera de la seigneurie de Revel et de Meymont, il sera en paysage connu et ses descendants iront très loin puisque Marie Stuart qui mourra en 1644 en fait partie.

La seconde remarque est plus directement attachée à l’église St Georges de notre commune. On peut voir sur la clef d’une des voutes de sa partie avant gauche, vers l’hôtel de Saint Georges, le blason généralement attribué et répertorié par les férus d’Héraldique à la famille Roussillon : « Un aigle déployé ».
Le blason n’est pas orienté dans le sens de l’Église, Le bas de l’écu est orienté vers les terres du levant .Les Couleurs n’existe plus depuis longtemps. Aussi il est difficile de dire s’il est « d’or à l’aigle de gueules » , « de gueules à l’aigle d’or » ou comme les armes d’Annonay « aigle échiqueté d’or et d’Azur ».
On peut cependant, compte tenu des circonstances et de la date estimée qu’il s’agit bien de celui des « Roussillon de Jarez. » C’est à dire : »d’or à l’aigle de gueules». Cet écu montre à l’évidence que Béatrice de Roussillon (1240-1305) n’avait pas oublié que Béatrice d’Olliergues (1250-1299) avait le même grand-père Guillaume 1 seigneur de Baffie
D’autres Roussillons ,ceux de catalogne, avaient pour armes : « d’or à quatre pales de Gueules, »L’histoire de cette famille très illustre a été publiée en 1896 par A. Vachez : Historique et Généalogie des Roussillon.

dimanche 1 juillet 2007

Philippe IV


Philippe IV le Bel (1268 -1314)
Philippe le Bel est sacré à Reims le 6 janvier 1286. Il est Roi à 17 ans et marié à 15 ans à Jeanne, Reine de Navare.
Philippe le Bel, on le dit dans les livres d’histoire, était conseillé par des hommes de loi. Ils avaient été formés à Montpellier et Pierre Flotte sera un des plus importants, en effet l’Université de Paris, n’existait pour ainsi dire pas : C’est en 1257 que Robert de Sorbon fonde le « collège de Sorbonne» pour héberger seize pauvres maîtres en arts ...orientés vers la Théologie. Ils ne peuvent rivaliser avec Montpellier ou l'école de médecine fut fondée en 1220 et celle de Droit en 1242 (Nogaret y sera professeur).
Philippe IV se sert de « ses légistes » non seulement pour s’opposer aux deux autres pouvoirs, le Féodal et l’Ecclésiastique, mais aussi pour remplir les caisses de l’état. : Il diminue les quantités de métaux précieux dans la monnaie, il s’approprie les biens du Temple. Il fait payer la taille aux « nobles ». Des chevaliers, souvent revenant du Levant, en sont réduits à… « épouser des bourgeoises ».
Elles étaient, elle aussi, traitées durement : Elles n’avaient droit qu'à une robe par an ou presque : Une châtelaine qui possédait 2000 livres de terres avait le droit à deux robes par ans, Une comtesse qui valaient 6000 à 4 robes et non à six…. Mais de belles robes, souvent bicolore, un coté bleu, l’autre jaune, fendues sur la poitrine sans que l’on puisse voir les faux seins qui maintenaient les vrais en place, fendues sur le côté pour laisser voir la jambe soulignée de bijoux qui se transformeront plus tard en jarretières.
Un édit de 1294 réglementait les bijoux, les tissus, les bougies de cire et…la dimension des morceaux de viandes dans les bols. Les légistes avaient trouvé nécessaire ces réglementations… pour qu'il reste assez d’argent aux particuliers pour pouvoir payer l’impôt. Les légistes n’avaient pas trouvé la TVA.
Ces belles dames à six milles livres ne fréquentaient probablement pas les chemins de la commune, mais on a dû en apercevoir au château de Ravel ou il n’y avait probablement personne pour mesurer la taille de la viande dans les écuelles.
On a déjà des « avancés sociales » il existe la Semaine Médiévale : on ne travaille pas le samedi après midi c’est interdit par l’Église. Les congés payés n’existent pas, mais il y a quand même quatre-vingts jours de fêtes dans l’année. La semaine médiévale sera conservée par les Anglais qui nous la rendront quelques siècles plus tard comme « Semaine Anglaise ».
On trouve, dans la capitale et quelques grandes villes, les « incroyables », qui mâchent des pastilles parfumées et parlent aux filles en zézayant. Ils portent parfois des bésicles que l’on vient d’inventer. Ce ne sont pas des nobles, mais des » fils à papa »
Chez les riches, on peut dormir dans de monumentaux lits à quatre places tendus de drap de couleur. L’orientalisme est à la mode, rapporté des terres Francs du levant, des poufs et des tapis entourent le lit. Les épouses y attendent leurs maris la peau "dorée au safran" et les cheveux bien blonds après avoir papoté pendant leurs bains dans le cuvier communautaire. La mode est à la silhouette dodue.
C’est la montée de la bourgeoisie, l’essor du commerce auxquels résistent les Seigneurs et les ouvriers pour une fois associés. Deux classes se partagent la France, : les Gras et les Maigres. (D'après J. Duché)
Il ne faut pas oublier les restes de l’inquisition et le « scandale des brus du roi » Blanche, Jeanne et Marguerite…
Philippe IV meurt trois jours après une chute de cheval en novembre 1314, huit mois après que J. de Molay sur son bûcher eut maudit les rois de France jusqu'à la septième génération.
Je ne connais pas de commentaire sur ce qui se passe sur "nos monts"

de Pierre Aycelin



Pierre "I" est un homme de loi. Il a été procurateur pour Alphonse de Poitiers en 1269. Il est à Vienne.

C’est le beau-père du jeune Pierre Flotte, lui aussi homme de loi et qui a fait ces études de droit à Montpellier comme d’ailleurs le « professeur » Philippe de Nogaret. Il aurait servi de » mentor » à son beau-fils, ce qui est bien naturel, au début des relations de celui-ci avec Philippe de Valois. (Achat de sa charge de Damoiseau)
Les liens de la famille « Aycelin », des « Flotte » et des « de La Tour » se feront de plus en plus étroits :
En effet, le fils de Pierre"I", Pierre II Aycelin, seigneur de Broussolière, est connu à Paris vers 1280 pour vivre avec une femme.Cette femme s’appelle N. Flotte. Il s’agit tout simplement de la sœur de pierre Flotte, damoiseau d’Auvergne, Chancelier de France . (D’après Pierre Guibours généalogiste 1625-1694).
Voilà donc entre Pierre Flotte et la famille Aycelin des liens bien serrés : j’épouse ta sœur, tu es l’époux de la mienne. N. Flotte reste dans l’ombre. Il existerait une grande différence d’âge entre eux . (Ce que personnellement je ne peux pas critiquer !) Elle fait quand même neuf enfants à Pierre II Aycelin.
Parmi eux :
  • Gilles I , celui des trois lions
: Philippe Lebel, lui, délivre en 1309 une charte sur divers châteaux. Gilles I meurt en 1325, c’est devenu un personnage important en Auvergne. Parmi ses enfants :
  • Hugues de Billom est un ecclésiastique ( de l’époque).
  • Marguerite épouse en 1314 Bertrand I de la Tour , fils de beatrice d’Olliergues et de Bertrand II seigneur de la Tour dite d’Auvergne et frère de Bernard III. Elle meurt en 1332 .Son tombeau, monument classé, gît dans l’église d’Olliergues.

  • Quant à Gilles II, il épouse une des filles de Bernard III de la Tour dites d’Auvergne et de Béatrice de Rodez, Mascarone de la Tour (L’autre fille de Beatrice de Rodez Gaillarde de la Tour (1296-1350) épousera une autre illustre famille Auvergnate en la personne de Guy d’Apchon).

Si l’on se rappelle que la veuve de Gilles I Aycelin seigneur de Montagu , fille de Béraud II d’Auvergne a épousé Guillaume II seigneur de Ravel et de Meymont, descendant de Pierre Flotte, on peut voir que les liens se transforment en un tissus social d’autant plus resserré que la fortune grandie.