vendredi 21 septembre 2007

Mékong










Mon Mékong :
Il est clairement établi que dés 150 AC Canton est déjà un port de commerce de la chine, mais à la même époque, plus à l’ouest, dans la bordure ouest du delta du Mékong le port d’OC EO en territoire actuellement Cambodgien a également des liens avec la chine et avec surtout avec le bassin méditerranéen. Dès ces temps ancien le Mékong a déjà un rôle économique et par conséquent politique.
Ce long fleuve dont, en 1994, on a fixé la source dans l’est des plateaux tibétains à 4975 mètres d’altitude, (l : 33°16’534 N ; L : 93°52'492E) qui est long de 4350 kilomètres (parfois 4800 kilomètres selon d’autres géographes) n’est dans le monde que le 12° en longueur et le dixième dans les quantités d’eaux transportés. Mais il recueille les eaux d’un territoire de plus de 795.000 kilomètres carrés, allant du Tibet à la mer de chine. Il traverse les pays de la soie, du thé, et d’autres plantes riches en propriétés, de l’or, de l’étain… des pierres précieuses, des éléphants et alimente le refuge de nombreuses ethnies riches d’histoires, de coutumes, de langues qui lui donnent de nombreux noms.
C'est un fleuve bien connu des Chinois qui construisirent une route pavée vers la Birmanie 100 ans AC et édifièrent un pont pour le traverser lorsqu’il coule à l’ouest du Yunnan. On suppose que Marco Polo le traversa en sortant de Chine par le Bengale, vers 1278. Il faut attendre le milieu du XVI siècle pour que les Portugais et les Espagnols commencent à avoir des contacts sur ses rives . C'est au le début du siècle suivant que l’existence d’Angkor est signalé en Europe, puis oublié. Ce site desservi par le Tonlé sap, attendra 1850 pour être à nouveau visité par le père Langenoix, puis par Bouillevaux et dix ans plu tard par Henri Mouhot. Les Français établissent un protectorat sur le Cambodge et Auguste Pavie est promu vice-consul à Luang Prabang. Les Français explorent le Mékong depuis son embouchure jusqu’au Yunnan en terre chinoise. En 1893 ils construisent, pour facilité le transport des marchandises sur du Mékong nord au Mékong sud, une voie de chemin de fer, (on peut encore voir une locomotive d’époque) et un pont qui existe toujours reliant Kohn à l’île de Det et ainsi franchir les chutes à la frontière du Laos, du Cambodge et de la Thaïlande.
Jaillissant des plateaux thibétains en direction du soleil levant, il coule assez rapidement vers le sud, parallèlement à la Nujiang qui continu son cours au Myanmar et à l’Irrawaddy pratiquement en totalité birmane, mais aussi sur sa gauche du Jinsha Jiang et plus au sud du fleuve rouge qui terminera sa course à la mer vers Haiphong au Vietnam. La « rivière des Rocs » traverse à vive allure plus de 1200 kilomètres de terre chinoise et perd 4500 mètres d’altitude. Il commence son parcours de fleuve international en séparant le Laos de la Birmanie, sur près de 200 Kms, du « triangle vert » « au triangle d’or » et reçoit un affluent le Ruak.
Près de ce confluent, le Laos, la Thaïlande et le Burma se touchent ce qui favorise la circulation illicite de l’opium.
Entre Dan et Pak Tha le Mékong devient Laotien et vagabonde vers l’est puis pris de remords il reprend sa course en direction du sud un peu au-dessus de Luang Prabang qui se blottie sur sa rive gauche. Avant Phalat, il redevient un fleuve frontière séparant la Thaïlande du Laos jusque vers Singsanphan au nord de Pakxe.
Les îles qu’il entoure de ses flots sont parfois Laotienne et parfois Thaïlandaise. L’île qui est en face de Vientiane est Thaïlandaise. Les Thaïs aiment les pétards et les feux d’artifice. Il n’est pas rare de voir les promeneurs laos de Fa Ngum attirés par un pétard d’avertissement s’attrouper pour assister au feu d’artifice que tire un riche thaïlandais de l’île.
Le Mékong peut déjà y avoir jusqu’à 4 kms de large et on y a mesuré des profondeurs de plus de 100 mètres.

Du sud de Pakxe il crée une espèce de delta intérieure formant Si Phan Don, ou pays des quatre milles îles en amont des chutes de Kohn. La quantité d’eau qui transite, de manière moins spectaculaire, est largement supérieure à celle des chutes du Niagara et se déverse sur le Cambodge. C'est ici que le pont des Français relie Kohn et l’île de Det. Les balades dans les îles sont incontournables.

Quelques rapides peuvent perturber la navigation jusqu'à Kratie au Cambodge et rendent parfois difficile la remontée du fleuve de Kratié à Stung Stren, point de départ pour les séjours vers le Ratanakiri difficile d’accès en saison des pluies, et impossible l’approche par le fleuve de la frontière Lao-cambodgiene de Voen Kham. Kratié est le point de départ, avec Chlong plus au sud, en direction de Sen Monorom et du Mondulkiri. Après Kratié, majestueux, le fleuve, calmé, poursuit sa route vers son delta en mer de chine et l’on quitte les deux royaumes des dauphins d’Irrawady celui du nord vers les quatre milles îles et celui du sud, au nord de Kratié. Il ne s’arrête bien sur pas ni à Chlong pour déguster des araignées confites dans du miel, ni a Kompong Cham pour flâner dans les plantations d’hévéa. Il flirte avec Phnom Penh qui est prise entre le Tonle Sap sur les bords duquel on se promène sur Sisowath quay, ayant pour origine les grands lacs qu'il siphone ou alimente et le Tonle Bassac qui en est un bras et l'accompagne en mer de chine, à la hauteur du monument de l’indépendance (Sihanouk Bd). Il quitte le Cambodge vers Vinh Xuhong pour entrer au Vietnam avec le Brassac. Son delta très riche en riz et en élevage de poissons abrite de grande ville comme Cantho, Ben tre, My Tho ou Chaudoc sur les rives du Brassac. De magnifiques îles sont à visiter et par exemple Phu Quoc.
Pour les amateurs d’histoire, il ne faut pas oublié Oc Eo qui fut le port du royaume Khmer du Funam, en contacte avec la perse et Rome : c’est vers la ville de Long Xuyen.
Ce rapide survol du Mékong laisse présager qu’il pose de nombreux problèmes internationaux. Un comité du Mékong fut créé en 1956 entre les Cambodgiens, les laos les Thaïs et le Sud Vietnam. Le Burma ne semblait pas s’y intéresser et la chine n’avait pas encore d’audience internationale. Les guerres, les régimes rendirent dépassé ce comité.
Il a été remplacé en Avril 1995 par la « Mékong River Commission » Le Burma n’a pas voulu en faire parti et la Chine n’a aucune intention de modifier ses propres plans. La M.R.C. traite avec les grandes institutions et organisations mondiales. Les barrages construits et en constructions vont probablement changer la nature actuelle du fleuve.

samedi 15 septembre 2007

Vientiane












Le voyage en autobus depuis Luang Prabang est agréable pendant la moitié du voyage. On traverse des paysages de montagnes caractéristiques de la cordillère annamitique. Certaines peuvent être comparées aux îles de la Baie d'along émergeant des nuages. De profondes vallées cachent des rivières mystérieuses. De nombreux villages donne envie de s'arrêter, car ils ont l'air de vivre avec vigueur et entrain, d'autant plus qu'en ce dimanche où je fais le voyage, tous les enfants les animent. Dans des champs incroyablement pentus des paysans travaillent même en ce dimanche, tous les corps en contacts avec la terre, comme s'ils escaladaient une montagne. Je me suis demandé s'ils n'étaient pas encordés. Des zones d'écoulement des eaux pluviales essaient d'éviter l'érosion de ses terres des pentes. On a planté récemment des milliers d'arbres le long de la route, j'espère qu'ils ne cacheront pas trop les magnifiques paysages. En Europe on les coupe par mesure de sécurité… Il est vrai qu'ici la vitesse est réduite.
La plaine ayant été retrouvée, le trajet se banalise et devient même un peu long, malgré les prouesses du chauffeur pour éviter les jeunes buffles qui vagabondent sur la route.
Septembre et juin sont les mois les plus humides à Vientiane, pour visiter il vaut mieux prévoir. Mais souvent la pluie est clémente et ne s'abat que la nuit ce qui n'est pas le cas pendant ce séjour. Dois-je mettre des palmes pour aller déposer mon passeport à l'autre bout de la ville ou l'ambassade de Chine s'est mise au vert ?
Vientiane est toujours aussi calme et à tout dire ennuyeuse lorsqu'on la compare aux autres capitales du Sud-est Asiatique et même seulement aux grandes villes, Sihanoukville, Saigon et autres Hué, même Hanoï autre capitale un peu triste reste plus animée. En Lao on l’appelle « Viang Chan » cela signifie ville de la lune, qui y a t-il de plus triste qu’une lune dans un ciel vide ? En fait ce nom vient de la situation de Viang chan dans un croissant du Mèkong. Viang chan peut aussi signifier la ville du Santal.
Le monument à voir est le Patuxay qui date de 1969 et bien sûr le Pha That Luang, symbole du bouddhisme et de l’État, qui illustre la vie difficile de cette région, construit en 1566 sur un temple du 3°siècle, mis au sol par les siamois comme tout le reste de la ville en 1826, reconstruit par la France en 1900 puis en 1931. Le seul « vieux » monument qui résista aux hordes siamoises est un très jeune bâtiment de 1819 Wat si Saket qui fut quand même restauré par les Français en 1924 et 1930.
Dans toute l’ancienne Indochine il est relativement exceptionnel de trouver une construction ancienne, les guerres ou les termites y sont passées avant les touristes. Les temples et pagodes dorées ne sont que les représentations récentes du passé dans le subconscient collectif. Les seuls vrais monuments sont ceux qui ont été protégés par la forêt ou par des accords interarmées pas toujours respectés, dont ceux, par exemple, concernant la région d’Hoï Han au Vietnam.
Je retrouve avec plaisir les lieux que je fréquentais l’an dernier. Cela m’inquiète, il en était de même à Bangkok. L’attachement aux lieux détourne de l’envie de voyager. L’explication pour Vientiane est peut-être simple, mon restaurant sur le bord du Mékong (seaside Mékong) a toujours sur sa carte les criquets et les grenouilles sautées que j’affectionne. Pour bien traduire toute la vérité, c’est surtout les feuilles d’une variété de basilique, délicatement grillées, qui les accompagnent que je trouve étonnantes.
De la terrasse du restaurant on a une vue sur les petites gargotes ambulantes qui installent leurs fourneaux en bordure du Mékong, avec leurs œufs couvés de 4 semaines et leurs feuilles, les poissons grillés du fleuve, des coquillages chauffés au charbon de bois que je mange avec ma sauce favorite : un jus de citron vert et un mélange à partie égale de poivre de Kampot et de sel façon Guérande.
En fait on est sur un bras du fleuve : à l’entrée de Vientiane la rivière entoure de ses eaux une grande île qui appartient à la Thaïlande. Le bras qui baigne Vientiane est de loin le plus étroit, le Mékong étant quatre fois plus large entre l’île et la rive thaïlandaise (environ 3 km).
J'aime bien le Mékong surtout de Can Tho au Vietnam jusqu'à Pak Beng à l’ouest de Luang Prabang. J’ai navigué de Can Tho presque jusqu’aux chutes de Khonn à la frontière lao-cambodgienne et je suis allé de Phnom Penh à Siemreap par le Tonlé Sap voir les temples Khmers. J’ai eu de la chance d’entreprendre mon voyage il y a quatre ans, les bateaux concurrencés par la route sont de plus en plus rares. Ma prochaine visite au Laos, s’il y en a une, sera réservée au nord laotien du Mékong.

mardi 11 septembre 2007

Distraction





De l'art d'ennuyer en racontant ses voyages, l'opuscule de Mathias Debureaux possède un sous-titre encore plus sonnant : Le manuel du parfait exploraseur.
Il a été publié en juillet 2007 aux éditions Cavatines.


Voilà de quoi décourager tous les « sacs à dos », « backpackers » qui se précipitent aux étapes dans les cybercafés pour compter leurs aventures, à l'attention du monde entier peut-être, mais plus sûrement à celle de leurs copains, attention qui peut s’élargir jusqu’à celle de leurs voisins de palier.

Quant à moi il m'a donné l'occasion de me poser trois problèmes qui m'avaient paru sans intérêt avant de lire son ouvrage.
Le premier est de savoir pourquoi je continue de voyager et de me dire les rares fois ou je vois la terre, depuis le hublot de mon avion, que j'assiste à un spectacle grandiose alors que je peux regarder mieux et pour infiniment moins cher depuis Google dans mon fauteuil de salon sans plus ou moins de vent, ni de parfum d'aventure. Si j’ajoute que pour un pays, le Laos par exemple, quelques belles photos pour juger des monuments et un guide pour tout expliquer, j’exploserai dans ses secrets sur lui mieux qu'en allant m'écarquiller les yeux sur des environnements dont a priori j'ignore tout et dont je resterai ignorant après avoir oublié de les avoir mal vus.
Comme il est écrit au dos de l'excellent livre de Mathias Debureaux : « Chaque année, plus de 700 millions de touristes parcourent le monde. En 2010, ils seront 1 milliard à vous assommer avec leurs récits de voyages » je ne suis donc pas seul. Je tends plutôt vers la normalité. C’est peut-être la réponse à ma première question. Mais ce n’est certainement pas le : « Quand quelqu’un se rend compte que sa vie ne vaut rien, soit il se suicide soit il voyage » rapporté par le même auteur, ce serait inquiétant pour un phénomène de masse.

La seconde interrogation est de savoir pourquoi j'écris ce qui me passe dans la tête et… pour la première fois… Car je parcours depuis longtemps l'espace proche du piquet ou je suis attaché sans avoir eu le besoin de l'écrire ou de le confier à personne. Sur ce point je peux répondre sans détours, je n’en sais encore rien. Peut-être pour savoir si mon ordinateur marche encore, moi qui aie connu l’époque des cartes perforées et des disques de plus de 40 pouces, et partout. En tous les cas ce n’est pas l’appas du gain, ni la satisfaction donnée d’éventuels lecteurs. Ce serait plutôt puisque je ne me rappelle pas de ce que j’ai fait pendant très longtemps, pour me faire une mémoire pour mes vieux jours…

La troisième question est de savoir pourquoi la lecture de l'ouvrage de Mathias Debureaux ne m'empêche pas de continuer ce blog et ne me rend pas honteux d'écrire ces pages et celles qui suivront sans doute.
Pour cette troisième question, il est facile de répondre avec un peu de mauvaise foi : En rappelant qu'il commence son livre par une citation de Sacha Guitry : « Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu ».
En ce qui me concerne j'écris lorsque je suis en voyage et à mon retour personne ne paye pour lire ce que j’ai écrit. Je ne vais pas raconter à Vichy ou ailleurs, des séjours que d’autres n’ont pas pu faire, en costume, avec projections de films ou d’images qui ne seraient pas toujours sorties de mes appareils comme cela arrive parfois.
N’ayant pas de lecteurs connus je ne sens aucune obligation de ne pas raser quiconque. Je ne suis pas à la solde et je me réclame de tous ceux qui sans en avoir les moyens racontent aux comptoirs ou ailleurs ce qu’Huxley et d’autres plus connus dans ce domaine ont mieux qu’eux raconté de leurs voyages. Finalement, les voyages, ça ne sert pas qu’à rapporter de l’argent à ceux qui croient être devenus des professionnelles. Ca sert d’abord à faire plaisir à ceux qui les font et qui veulent s'en souvenir.
J’ai beaucoup aimé le livre de M. Debureaux.

vendredi 7 septembre 2007

Luang Prabang


















Luang Prabang est une ville du Laos, douce, au parfum de fleurs, ce qui est rare à l'époque du gasoil. Seule La rue Sisavangvong et ses prolongements aux deux extrémités respirent à peine la pollution des villes de chef lieu. De cette voie centrale des venelles descendent doucement vers le Mekong et d'autres plus rares vers la rivière Khan. Ces petites rues, parfois restaurées avec l'aide de la France, sont des havres de paix pour des maisons qui peuvent, pour les plus grandes, servir de Guesthouse. Les bords de la Khan peu habités, permettent de belles photos sur les montagnes . La rive gauche du Mékong descendant est garnie de petits restaurants qui sont malheureusement moins habituels aux touristes que ceux de la rue Sisavanvong et pourtant l'imposante masse d'eau du fleuve entraîne dans sa descente vers Vientiane une couche d'air frais qui caresse doucement ceux qui sont sur ses bords. La rive droite, au loin, abrite quelques villages et des temples accessibles par « ferry ».
Lorsque j'ai quitté l'Auvergne, les connaisseurs disaient que cette année serait une année à girolle , et bien il en est de même à Luang Prabang. Manger une soupe aux Girolles sur les bords frais du Mékong est une manière agréable de rapprocher deux pays si lointain géographiquement l'un de l'autre. On trouve une guest house qui s’appelle « Bougna Souk » pour aider au rapprochement.
Bien sur il y a les palais, les théâtres, les musées et les temples à visiter, les chutes d'eaux, les villages ethniques, mais il y a également l'histoire des hommes à redécouvrir. Par exemple l'histoire d' Henri Mouhot mort au Laos d'une forte fièvre en novembre 1861 aprés avoir rendu à l'histoire la civilisation Khmer. Il repose à quelques kilomètres de la ville dans le village de Ban Phanon. Une nouvelle édition de son ouvrage « Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge et de Laos » a été faite par les éditions Olizane.
Il est quand même dommage que la langue française ne soit plus entendue par les autochtones : 45000 visiteurs par an seraient anglophones, mais il y aurait 35000 visiteurs francophones qui doivent faire de la mauvaise repentance en essayant de parler l'anglais! Et pas un seul se plaint de voir remplacer les épices locales par du ketchup comme fond de sauces dans les gargotes à touristes. Parfois les fonds sonores eux sont de chansons françaises...
Bientôt, il va y avoir des courses de pirogues sur les rivières. Chaque embarcation, propulsée par une bonne quarantaine de rameurs, s'entraîne sur la Khan de 13 à 16 heures, longtemps avant la date retenue pour la course. Le spectacle final est d'habitude un événement très suivi dans tous le pays.