Kumming.
C’est la capitale de la province du Yunnan, province au sud des nuages, 50 millions d’habitants, sixième province chinoise en terme de surface.
C’est une grande ville que l’on appelle la « cité du printemps » située à 1895 mètres d’altitude, plus de 4,5 millions de citadins y semblent heureux. De larges avenues, certaines bordées de platanes importés par les Français lorsqu’ils firent la ligne de Chemin de fer Haiphong-Kunming dans le but « d’exploiter les minerais du Yunnan, » permettent une circulation relativement fluide pour les véhicules à moteur.
C’est une ville industrielle .Métallurgie, électronique et divers autres activités y sont en plein essor depuis l’ouverture des frontières de la chine. En Chine même le « made in Yunnan » commence à se rependre.
Cet aspect industriel n’est pas traduit par son appellation de « ville de l’éternel printemps », justifiée par les faibles amplitudes de température (10°) et par ses fleurs, ses bouleaux argentés, ses cyprès. Il ne reste évidemment rien de l’époque du royaume de Dian 400 ans AC contre lequel fut établie par les han vers 109 AC sur son espace la commanderie de Yizhou. Capital secondaire du royaume de Dali, Marco Polo décrit la cité sous le nom de Jacin et indique que les habitants font le commerce du sel et du poisson du lac Dian : ils mangent du porc cru arrosé d’épices. C’est encore un plat réputé de l’ethnie Bai de Dali. Kunming fut capital impérial. Au XIX siècle (1855-1873) elle fut détruite lors de la « révolte des musulmans du Yunnan.
En 1885 une guerre éclate entre la France et la Chine. La France obtient l’autorisation de construire une ligne de chemin de fer en direction de Kunming et de Nanning .La France convoite trois provinces Chinoises et y attise des troubles. En 1899 elle instaure une régie de l’opium et s’intéresse à la production de la drogue au Yunnan. Paul Doumer est alors gouverneur de l’Indochine. Chaque année à l’automne les rizières du Yunnan font place à une seconde récolte qui donne des champs violets, rouge, bleus, jaunes, les couleurs du pavot. Le chemin de fer français Kunming-Haiphong est un des vecteurs par où transite l’opium qui sera la cause de trouble fréquent et finance de nombreux travaux en Indochine. La guerre sino-japonaise de 1937 à 1945, la guerre entre nationalistes et communistes (1946-1949) marque l’histoire récente de Kumming.
Lorsqu’on sort de l’aéroport on est immédiatement saisi par le sentiment que l’on est dans un grand pays, moderne et solide, la troisiéme puissance du monde (pour peu de temps avec une croissance du PIB de 10% par an !). Il n’y a plus de stuc ni de dorure.
La chine de notre imaginaire ne semble plus exister. Les habitués disent qu’ils ne reconnaissent plus le Kunming des années 90.Et pourtant on ne ressent pas cette ville comme neuve mais comme mature et solide. C’est une ville Industriel et Universitaire .L’Université de Sciences et techniques est en relation avec l’Université de Franche Comté et les pays francophone s’y occupent d’enseignements et de recherches médicales. Les « bons pères » ont laissé au Yunnan une vigne qui donne un « vin de raisin » à la robe rouge clair d’un goût très noble . Le samedi les « retraités » se retrouvent pour jouer des pièces de théâtres ou de la musique qui déroute nos oreilles. Des dizaines de petit marchés ou l’on trouvent tous ce qui se mangent, se perdent dans des ruelles qui n’existent que pour cela et qui apparaissent à l’ombre des arbres comme artificielles dans le voisinage des voies naturelles de circulation de 200 mètres de large, traversées par des passerelles, bordées d’immeubles de quarante étages abritant les banques, les commerces, les sièges sociaux, les grands hôtels.
On s’étonne de ne pas pouvoir trouver une carte postale à envoyer, de traverser toute la ville pour changer des euros dans une succursale bien particulière de la China Banque qui en a partout, de circuler en taxi pour moins cher qu’un ticket de métro, de ne pas pouvoir communiquer…et de rencontrer des gens heureux.