mercredi 17 octobre 2007

Dali




































Dali est à 410 km de Kunming ,191 de Lijiang et à 1974 mètres d'altitude.On y arrive en bus depuis la capitale du Yunnan en moins de cinq heures par une autoroute à six voies (et parfois au départ de Kunming avec quatre voies aériennes supplémentaires…) qui traverse la campagne remplie de petits villages construits en pisé ou en brique logeant. Des milliers d’agriculteurs produisant du riz, d’abord stocké en boisseau dans les champs, du maïs dont les épis sèchent parfois en lourdes colonnes sur les terrasses. Les antennes satellites et les chauffes eaux solaires en modifient l’allure traditionnelle inscrite dans mes souvenirs.
En 410 km, je n’ai vu que trois de ces tracteurs sans capot si caractéristiques et un ou plusieurs dizaines d' hommes dans chaque parcelle cultivée comme un jardin. Quelques mobylettes étaient en attente pour retourner au village.
Dali est pratiquement à la même altitude que Kunming (1974 m.). Elle est judicieusement nichée entre les Cangshan (altitude moyenne de 4000 mètres) d’où l’on extrait un marbre réputé dans toute la chine et le lac Erhaï, comparable au Léman, dont l’effluent, la rivière X’ier, va rejoindre les eaux du moyen Mékong loin au sud ouest.
Il existe deux Dali, l’ancien et le nouveau. Le nouveau Dali est une ville industrielle, moderne, comprise entre l’extrémité sud du lac et le flanc de la montagne.
C’est le vieux Dali que l’on visite de toute la Chine et bien sûr de l’étranger, mais les touristes chinois y sont largement majoritaires en période de vacances. La raison en est simple, le vieux Dali incarne ce que les étrangers et les Chinois eux-mêmes imaginent là ce qu’a pu être la Chine d’hier, souriante, agréable à vivre, pleine de fleurs, de sculptures colorées, de jardins, de fontaines et de ruisseaux aux cascades maîtrisées. On trouve tous ça dans le vieux Dali et même des habits Bai brodés, à louer pour la visite : Beaucoup de jeunes femmes se laissent tenter. Le spectacle de la rue n’en est que plus agréable et plus drôle
. Dali est l’illustration de l’architecture Bai avec les portails magnifiques de ses maisons clos par de somptueuses portes en bois sculpté qui donne la silhouette de la ville. Tout le centre du vieux Dali a été restauré,mais quelques ruelles laissent encore au promeneur des endroits trop rare sans marchants de souvenirs.
Dali reste vivante tard dans la nuit. Hier soir il y avait des lâchés de montgolfières de toutes les couleurs. Elles concurrençaient la lune haute dans le ciel puis la nacelle ayant épuisé son pétrole, elles retombaient dans l’oublie. Certaines prenaient feu réduisant en cendres les rêves inscrits au stylo-feutre sur leurs flancs.
Sans savoir pourquoi, mais cela peut-être organisé, un air de musique inspirait soudain des danseurs dans la rue, sur une place, devant un magasin. Des farandoles se construisaient au milieu des rires et disparaissaient la pour renaître ailleurs éclairées par des illuminations rendues féeriques par la vielle architecture des immeubles et par l’eau des bassins. Dali est pour l’immense chine un peu ce qu’est Yvoire pour les rives françaises lémaniques. Mais Dali est vivante, ses ébénistes sculptent le bois ; ses marbriers taillent et le marteau des bijoutiers frappant l’argent rythme la marche des promeneurs ; les maisons Bai, modernisées, continuent à se construire.
La représentation idyllique est parfois traversée par un viel homme chargé de toutes les difficultés de la Chine ou par un convoi d'hommes pétaradants en accompagnant un autre à sa dernière demeure.










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