mercredi 17 octobre 2007

Le lac ERHAI



























Le Lac Erhai s’étale sur 40 km de long et neuf en largeur, cela lui donne un air de Léman en plus petit et avec en plus des îles. Il occupe environ 350 km carrés à 1974 mètres d'altitude(contre 582 km carrés pour le Léman avec 73 km de long et 13,5 kilomètres dans sa plus grande largeur). Dans le lac Erhaï on peut pécher plus de soixante-dix espèces de poissons comestibles, dont une délicieuse crevette d’eau douce qui existe aussi dans le Tonlé Sap. (Dans le Léman il ne reste plus guère de consommable que la truite de lac, la perche, des Corégones, de rares feras, brochets, ombles, lottes.) On pêche pourtant depuis plus de 3000 ans dans le lac Erhaï. On a découvert sur ses berges des instruments en bronze du XI° siècle avant notre ère.
Sa rive ouest sur laquelle se trouve Dali est fertile et bien arrosée. Elle permet la culture du riz, mais aussi du maïs, du coton, de la canne à sucre, du tabac. Les bords du lac sont encombrés de végétation, presque d’une « mangrove ».


C’est aussi un axe de communication qui permit le contrôle des voies marchandes entre la chine, le Tibet, la Birmanie et l’inde dés le VIII° siècle. Dali échappe au contrôle de l’empire chinois jusqu’au Moyen Âge mais avec son aide en 736 Piluoge fonde le Royaume de Nanzhao. Ce royaume rejette le joug de la chine et part à la conquête du nord de la Birmanie, puis du nord Vietnam et attaque le Sichuan menaçant directement l’empire Tang. Des luttes ethniques le font sombrer dans l’oubli jusqu'à la fondation du royaume pluriethnique de Dali dirigé par les Bai. L’apogée du royaume fournisseur d’armure en résine, de chevaux, d’ouvrages métalliques finement ciselés, semble se situer au XII°siècle. Au XIII siècle le fondateur de la dynastie des Yuan s’empara de Dali avant même de soumettre le sud chinois. Avec l’armée mongole, l’islam pénétra dans la région. Quelques siècles plus tard les musulmans de Dali se soulevèrent contre les Mandchous. Ils furent vaincus en 1873.
La rive Est du lac est directement dominée dés le bord du lac par une chaîne montagneuse (Hongshi) et les villages qui l’occupe non pas d’autres ressources que la pêche. Il est possible et agréable de si rendre par bateau, par exemple au départ de Caicun à quelques kilomètres de Dali ou des bateaux « bus » ou des bateaux de pêcheurs pour des tarifs très différents attendent les touristes. Une promenade jusqu’à un temple jardin, en direction de Haidong fait découvrir de haut, le lac dans son écrin de montagnes. Dîner sur l’île de la Navette d’or (Jinsuo Dao) dans le village de pécheur et y admirer de belles maisons en pierre reste une découverte authentique, si l’on sait se protéger des vendeurs qui attendent les touristes de la navette pour gagner de l’argent.







Dali




































Dali est à 410 km de Kunming ,191 de Lijiang et à 1974 mètres d'altitude.On y arrive en bus depuis la capitale du Yunnan en moins de cinq heures par une autoroute à six voies (et parfois au départ de Kunming avec quatre voies aériennes supplémentaires…) qui traverse la campagne remplie de petits villages construits en pisé ou en brique logeant. Des milliers d’agriculteurs produisant du riz, d’abord stocké en boisseau dans les champs, du maïs dont les épis sèchent parfois en lourdes colonnes sur les terrasses. Les antennes satellites et les chauffes eaux solaires en modifient l’allure traditionnelle inscrite dans mes souvenirs.
En 410 km, je n’ai vu que trois de ces tracteurs sans capot si caractéristiques et un ou plusieurs dizaines d' hommes dans chaque parcelle cultivée comme un jardin. Quelques mobylettes étaient en attente pour retourner au village.
Dali est pratiquement à la même altitude que Kunming (1974 m.). Elle est judicieusement nichée entre les Cangshan (altitude moyenne de 4000 mètres) d’où l’on extrait un marbre réputé dans toute la chine et le lac Erhaï, comparable au Léman, dont l’effluent, la rivière X’ier, va rejoindre les eaux du moyen Mékong loin au sud ouest.
Il existe deux Dali, l’ancien et le nouveau. Le nouveau Dali est une ville industrielle, moderne, comprise entre l’extrémité sud du lac et le flanc de la montagne.
C’est le vieux Dali que l’on visite de toute la Chine et bien sûr de l’étranger, mais les touristes chinois y sont largement majoritaires en période de vacances. La raison en est simple, le vieux Dali incarne ce que les étrangers et les Chinois eux-mêmes imaginent là ce qu’a pu être la Chine d’hier, souriante, agréable à vivre, pleine de fleurs, de sculptures colorées, de jardins, de fontaines et de ruisseaux aux cascades maîtrisées. On trouve tous ça dans le vieux Dali et même des habits Bai brodés, à louer pour la visite : Beaucoup de jeunes femmes se laissent tenter. Le spectacle de la rue n’en est que plus agréable et plus drôle
. Dali est l’illustration de l’architecture Bai avec les portails magnifiques de ses maisons clos par de somptueuses portes en bois sculpté qui donne la silhouette de la ville. Tout le centre du vieux Dali a été restauré,mais quelques ruelles laissent encore au promeneur des endroits trop rare sans marchants de souvenirs.
Dali reste vivante tard dans la nuit. Hier soir il y avait des lâchés de montgolfières de toutes les couleurs. Elles concurrençaient la lune haute dans le ciel puis la nacelle ayant épuisé son pétrole, elles retombaient dans l’oublie. Certaines prenaient feu réduisant en cendres les rêves inscrits au stylo-feutre sur leurs flancs.
Sans savoir pourquoi, mais cela peut-être organisé, un air de musique inspirait soudain des danseurs dans la rue, sur une place, devant un magasin. Des farandoles se construisaient au milieu des rires et disparaissaient la pour renaître ailleurs éclairées par des illuminations rendues féeriques par la vielle architecture des immeubles et par l’eau des bassins. Dali est pour l’immense chine un peu ce qu’est Yvoire pour les rives françaises lémaniques. Mais Dali est vivante, ses ébénistes sculptent le bois ; ses marbriers taillent et le marteau des bijoutiers frappant l’argent rythme la marche des promeneurs ; les maisons Bai, modernisées, continuent à se construire.
La représentation idyllique est parfois traversée par un viel homme chargé de toutes les difficultés de la Chine ou par un convoi d'hommes pétaradants en accompagnant un autre à sa dernière demeure.










dimanche 14 octobre 2007

Kunming à l'époque du XVII° congrés





Kumming.

C’est la capitale de la province du Yunnan, province au sud des nuages, 50 millions d’habitants, sixième province chinoise en terme de surface.

C’est une grande ville que l’on appelle la « cité du printemps » située à 1895 mètres d’altitude, plus de 4,5 millions de citadins y semblent heureux. De larges avenues, certaines bordées de platanes importés par les Français lorsqu’ils firent la ligne de Chemin de fer Haiphong-Kunming dans le but « d’exploiter les minerais du Yunnan, » permettent une circulation relativement fluide pour les véhicules à moteur.

C’est une ville industrielle .Métallurgie, électronique et divers autres activités y sont en plein essor depuis l’ouverture des frontières de la chine. En Chine même le « made in Yunnan » commence à se rependre.

Cet aspect industriel n’est pas traduit par son appellation de « ville de l’éternel printemps », justifiée par les faibles amplitudes de température (10°) et par ses fleurs, ses bouleaux argentés, ses cyprès. Il ne reste évidemment rien de l’époque du royaume de Dian 400 ans AC contre lequel fut établie par les han vers 109 AC sur son espace la commanderie de Yizhou. Capital secondaire du royaume de Dali, Marco Polo décrit la cité sous le nom de Jacin et indique que les habitants font le commerce du sel et du poisson du lac Dian : ils mangent du porc cru arrosé d’épices. C’est encore un plat réputé de l’ethnie Bai de Dali. Kunming fut capital impérial. Au XIX siècle (1855-1873) elle fut détruite lors de la « révolte des musulmans du Yunnan.

En 1885 une guerre éclate entre la France et la Chine. La France obtient l’autorisation de construire une ligne de chemin de fer en direction de Kunming et de Nanning .La France convoite trois provinces Chinoises et y attise des troubles. En 1899 elle instaure une régie de l’opium et s’intéresse à la production de la drogue au Yunnan. Paul Doumer est alors gouverneur de l’Indochine. Chaque année à l’automne les rizières du Yunnan font place à une seconde récolte qui donne des champs violets, rouge, bleus, jaunes, les couleurs du pavot. Le chemin de fer français Kunming-Haiphong est un des vecteurs par où transite l’opium qui sera la cause de trouble fréquent et finance de nombreux travaux en Indochine. La guerre sino-japonaise de 1937 à 1945, la guerre entre nationalistes et communistes (1946-1949) marque l’histoire récente de Kumming.

Lorsqu’on sort de l’aéroport on est immédiatement saisi par le sentiment que l’on est dans un grand pays, moderne et solide, la troisiéme puissance du monde (pour peu de temps avec une croissance du PIB de 10% par an !). Il n’y a plus de stuc ni de dorure.

La chine de notre imaginaire ne semble plus exister. Les habitués disent qu’ils ne reconnaissent plus le Kunming des années 90.Et pourtant on ne ressent pas cette ville comme neuve mais comme mature et solide. C’est une ville Industriel et Universitaire .L’Université de Sciences et techniques est en relation avec l’Université de Franche Comté et les pays francophone s’y occupent d’enseignements et de recherches médicales. Les « bons pères » ont laissé au Yunnan une vigne qui donne un « vin de raisin » à la robe rouge clair d’un goût très noble . Le samedi les « retraités » se retrouvent pour jouer des pièces de théâtres ou de la musique qui déroute nos oreilles. Des dizaines de petit marchés ou l’on trouvent tous ce qui se mangent, se perdent dans des ruelles qui n’existent que pour cela et qui apparaissent à l’ombre des arbres comme artificielles dans le voisinage des voies naturelles de circulation de 200 mètres de large, traversées par des passerelles, bordées d’immeubles de quarante étages abritant les banques, les commerces, les sièges sociaux, les grands hôtels.

On s’étonne de ne pas pouvoir trouver une carte postale à envoyer, de traverser toute la ville pour changer des euros dans une succursale bien particulière de la China Banque qui en a partout, de circuler en taxi pour moins cher qu’un ticket de métro, de ne pas pouvoir communiquer…et de rencontrer des gens heureux.