mercredi 2 septembre 2009

NOSTALGIE





Voici bien longtemps que je n’ai pas écrit d’ici ou d’ailleurs. Personne ne me le reprochera, à part moi. Ce ne sont pourtant pas l’absence d’aventures ou d’événements qui ont fait défaut mais plutôt la paresse qui a envahie mes habitudes. Une paresse malicieuse qui veut se justifier par les gros problèmes, pas du tout triviaux, qui ont perturbé ma vie familiale et m’ont ramené brutalement d’Asie en Europe, puis à Madagascar .
Madagascar est un des pays ou j’aiVérifier l'orthographe séjourné longtemps et jusqu'ou j’ai effectué de nombreux voyages depuis l'Europe ou l'Asie, soit directs, soit avec des étapes, au Kenya, à la Réunion à Singapour et même Moscou et Rome .
A la Réunion, j’avais découvert la TAM, compagnie aérienne Malgache ( Transport Aérien Malgache) qui, avec un « ATR», desservait depuis Saint-Denis, l’ile Sainte Marie, puis Tamatave et faisait le tour de Madagascar. Une carte d’abonnement permettait d’utiliser le « petit ATR» avec de très importantes réductions tarifaires. Les Réunionnais, qui adorent passer leurs vacances à Sainte-Marie ou à Madagascar, assuraient une rentabilité certaine aux rotations du petit avion. Mais les pressions d’Air France et d’Air Austral et l’instabilité politique de Madagascar, toutes à la fois, ont tué la T.A.M. qui ne perturbait aucunement les compagnies nationales, ni la politique : Il était impossible d’acheter un billet en France, on devait le prendre directement au guichet de la TAM à Gillo bien que, pour être certain d’avoir une place, les clients connus, pouvaient réserver par fax depuis la France et payer leurs place à Gillo. La première escale de l'ATR était l’aéroport de l’ile Sainte Marie , puis celui de Tamatave d’où il était facile de s’envoler pour Tananarive, Fort-Dauphin, Tuléar, Monrodave et toutes les provinces de Madagascar. En 2008 pour aller de Gillo à Tamatave ou Sainte-Marie , il faut désormais passer la gare l’aéroport d’Yvato, il n’y a plus d’avion pour Manakara…Madagascar avait depuis longtemps perdu ses voies de chemin de fer à l’exclusion de la pittoresque ligne Fianar\Manakara. La grande ile est en train de perdre ses dessertes aériennes et ses aeroports internationaux comme celui de Tamatave. Mais tout est bien sur en progrés, il est maintenant possible d’aller de la capital à Diego Suarez en automobile et même sur le trajet Tananarive-Tamatave un bus provenant, donation de l’entreprise de transport Maisonneuve d’Ambert dans le puy de dôme, a pu faire, sans être repeint, concurrence aux taxis. Il est vrai que cela n’a pas durée, ayant résisté aux volcans d'Auvergne ,il a brulé sous la chaleur malgache…et les taxis brousses ont refait le plein de clients entre le port et la capital permettant au folklore de perdurer.Le voyage n'est pas des plus pittoresque, mais c'est sur ce parcour que j'ai mangé avec un futur ambassadeur à pékin mes premiéres "Bichiques", que j'ai goutté les anguilles fumées d'Antsapanana et mon premier coeur de zebu fraichement sacrifié...
Une chose reste inchangée, cher à mon coeur, depuis quinze ans: j’ai encore pu faire en 2008 le trajet Ivatto-hôtel Colbert avec un authentique taxi 2CV Citroen se faufillant allégrement parmi les voitures neuves du personnels des associations et des ministéres qui à eux seuls sont en nombre suffisant pour créer d’invraissemblables embouteillages sur les routes rénovées qui rejoignent le centre ville. Il est vrai que le plancher de la 2 CV avait un peu souffert, mais il n'avait que deux trous suffisament petit pour être colmatés par la semelle avant d'une chaussure de pointure quarante et ainsi protégé le passager de jets plus ou moins huileux en roulant sur les terrains innondés.

La gare de Tana a toujours l’espoir de voir arriver tel un monstre fossil un des quatre derniers exemplaires, tous les quatre à Madagascar, de la légendaire « Micheline » qui reliait la capital administrative au port industriel de Tamatave ou bien un train qui amènerait des curistes jusqu’à la belle gare d’Antsirabe ou à défaut d’eau thermal on peut deguster une « tree horse » bien fraîche fabriquée en ville en contemplant les petits cheveaux malgaches que des cavaliers font courir sur l’esplanade. En attendant cette époque lointaine, elle abrite des commerces plus ou moins licites.
Le vrai train malgache se prend plus au sud après quelques heures de Taxis qui attendent d’étre plein avant de partir de la nouvelle gare routiere d‘Antsirabe, sur la route de Tana, très loin du centre ville, pour la plus grande joie des pousses pousses les plus bandits de la Grande Ile. Il se prend à Fianarantsoa et va jusqu’à Manakara. C’est le FCE (sigle de Fianarantsoa-Côte Est). Il quitte les 1100 mètres d’Altitude ou est blotti « Fianar » pour descendre en seulement 163 Km sur les rivages de l’océan Indien ou se baigne Manakara. Il franchit 67 ponts et 48 tunnels. L’un d’entre eux, entre Andrambovato et Ranomena fait plus d’un kilomètre. Sur un partie importante du parcours la pente est proche de 3,66% ce qui est voisin de la limite tolérée pour une voie ferrée. De nombreuses parties sont à 3% et il est bien évident que la vitesse n’est pas celle d’un TGV et que le trajet ne souffre pas de ponctualité ... D'autant plus que pour quitter une gare il faut que toutes les marchandises, etelles sont nombreuses, soient manutentionnées, que les voyageurs soient approvisionnés et que les enfants soient récompensés par de maigres cadeaux pour les magnifiques photographies qu'ils prodiguent aux touristes.

Il n’est pas étonnant que la « Micheline « et ses 19 places ne puisse circuler "librement"que sur les 20kms qui sépare Fianar d’un bon hôtel de brousse à Sahambavy : Entre Fianar et Vohimassina, elle descend une pente d’environ 1% mais remonte jusqu’à Sahambavy de 61 mètres en 10 km. C’est un trajet de vielle dame.Il lui faut beaucoup de temps.

La construction de ce magnifique petit train a été achevée en 1937 et la construction de la ligne a été commencée en 1926. Douze millons de journée de travail furent nécessaire et plus de 5000 hommes furent recrutés chaque année .

On estime, en gros, le nombre de mort sur le chantier entre 5000 et 10000. La france utilisait à Madagascar la main d’œuvre de ses colonies d’Asie plus que celle des autochtones. Avec les travaux sur le canal des Pangalanes, c’est une des deux origines des "chinois " de Madagascar. On peut noter aussi qu’une partie des rails provenait d’Allemagne et avait été donné à la France comme préjudice de la guerre de 14-18 : Elles avaient été fabriquées entre 1893 et 1896. Elles sont toujours là. C’est magnifiques : les fils de cuivre qui reliaient Tuléar à saint-Augustin pour le téléphone et électricité on disparut depuis longtemps pour nourir les petits...
Au départ du petit train, en face de la gare de Fianar, il y avait un restaurant fabuleux, Chez Napoléon.je me souviens avec émotions des buissons d’écrevisses, des boutons de girolles à la grecques, des vins du patron qui provenait des bonnes caves d’Ambalavao qui sont rares. Mais si Napoléon n’est plus la, il existe encore quelques bons endroits à Fianar,de typiques restaurants de cuisine malgache et aussi de cuisine chinoise. Attention à la consommation de criquet en période de traitement anti-acridien...C'est pourtant délicieusement croquant.
A l’autre bout du monde de la grande ile et du petit train, à Manakar, l’hôtel Manakar et ses installations, touchantes par leurs vétustées et leurs dentelles, ou les soirées et les nuits étaient rhytmées par l’océan indien s’acharnant sur le brise lame, n’existe plus ...Le rythme de la mer, puissant souvenir, communiquant la direction du vent, la force de l'océan indien n'est plus explicité, un typhon a détruit une partie du brise lame et il a été reconstruit sans cavité pour protéger une piscine mais aussi un port, devenu à faible tirant d'eau, ou la langouste verte péchée au delà du brise lame est encore vendue, au rythme des marées,de plus en plus petite, toujours aussi bonne, toujours péchée de plus en plus loin par delà la digue , depuis ses barques sans balanciers d’où je suis tombé à l’eau chaque fois que j’y ai posé plus d’un pied. On continue à y enterrer les trop petites dans le sable et... lorsqu’elles ne font pas la maille car il y a la loi. Mais , comme il est aussi "fady" de rejeter à l’eau ce que l’océan a donné, alors on marque leurs tombes et les tombes sont vendues . A la lueur des étoiles, les acheteurs vont déterrer leurs achats, souvent pour les cuisiniers des restaurants d'habitués.
Attention aux tortues et aux requins, il existe des périodes ou leurs chairs sont toxiques: Ses animaux se gavent,à certaines périodes, d’algues vénéneuses pour l’homme. J’ai connu ,vers Foulepointe, au nord de Tamatave un village literalement décimé pour avoir voulu faire la fête après avoir péché et mangé une tortue géante! Comment, avec des barques aussi instables ,avec des vagues aussi vicieuses que celles des rives de l’océan indien, comment de courageux pécheurs ont pu ramené sur la plage une tortue vivante de plusieurs quintales et mourir à cause de cet exploit?
La FCE n’anime pas un « petit train touristique« . Son petit train permet a toute une région de survivre. Elle exporte tout ce que produit la région ,dont 18 variétés de bananes et importe le stricte nécessaireà une économie de subsitance. A madagascar tout ou presque tout peut être cultivé, mais en trop petite quantité pour un impact international.Ce commerce a même de la peine a limiter la destruction de la forêt pour l’établissement de culture plus vivrières .

Autrefois le canal des Pangalane ,qui doublait la voie maritimes dangereuse, au nord de l'ile via Tamatave faisait à la CFE une petite concurrence. De nos jours le canal est en ruine et les routes , les mauvaises pistes plus précisément, ne l’ont pas remplacé. Quant à l’aéroport de Manakar, il ne fonctione plus . On avait construit sa piste d’atterrissage sur un terrain bordant et traversant la ligne de chemin de fer : on a pu voir de belles photos sur lesquelles un petit avion en début de décollage et un petit train arrivant à Manakar se promenaient en couple. Il n’ y a parait-il que trois endroits dans le monde pour prendre en photos ce type de promenade. En 2008 l’aéroport était désert. Ce n'est pas plus désolant que de rencontrer dans des villages des écoles "de la colonie", sans instituteur, sans éléves, sans toît mais parfois remplacées par une annexe de "l'alliance française".

Dans les faits on ne voyage ,à et dans, Madagascar qu'en avion ou en voiture . L'arrivée en avion avec la compagnie nationale accorde une ristourne de 30% sur les lignes intérieures, parfois des problèmes naissent dus à la différence entre les poids tolérés à l’international et ceux admis sur les lignes intérieurs qui sont inférieurs.

J’ai toujours fait d’excellent voyage avec Air-Mad . Je garde même un excellent souvenir de ce voyage de Paris à Tana qui aurait pu être une corvée : l’ avion est tombé en panne de moteur à Rome. J’y ai retrouvé mes marques pendant 48 heure en faisant une cure de Frascati ,à défaut d’Orvieto, et, pour compenser, de piscine, dans l’hôtel affrété par la compagnie . Le diplomé d'histoire romaine que je suis à toujours préféré le trastevere aux catacombes...
Une aventure bien pire et beaucoup moins agréable m’est arrivé avec Nouvelle-Frontières : Un problème d’équipage, officiellement un dérangement intestinal qui avait suivi un anniversaire au sein de l'équipage, a fait loupé l’escale de Tananarive, à l’avion en provenance de Paris . Il a directement atterri à Saint-Denis.. Sous la pression des passagers qui devait descendre à l’escale de Madagascar, il est revenu à Yvatto pour les déposer, puis il y a pris les passagers rentrant en France qui avaient été oubliés, pour les immobiliser à la Réunion : L'équipage de réserve, en repos sur les bords de la piscine du Novotel de Saint-Gilles les bains, avait effectué son temps légal de vols et ne pouvait pas reprendre le "Manche" Les passagers,de la Réunion et ceux de Madagascar, qui devaient s'envoler pour Paris furent, avec quelques sandwichs, prisonniers de Gillo pendant prés de 16 heures sans aucune nouvelle du monde exterieur.








Madagascar, le bon et le moins bon, mais grands souvenirs!























samedi 22 août 2009

Le Petit Bourg:

Exister, naître, habiter dans un lieu de vie plein d'histoire est toujours interessant.. Il y a des faits que l’on connaît sur son village : le nom des maires qui y ont été élus, celui des curés nommés par les évêques et qui ont baptisé, marié, enterré, celui des instituteurs qui ont fait le savoir du village, les notaires,ceux qui furent riches, les pauvres, les grands hommes s’il y en a eu, et ceux qui avaient toujours soif, ceux qui y sont passés ou y sont nés .Mais il y a des oublis et par consèquent les surprises. Les surprises sont provoquées par des événements inhabituelles, parfois totalement extérieure à la vie du village. C'est ainsi que le battage médiatique récent sur le film consacré à Coco CHANEL a fait ressortir des mémoires ses attaches à la ville de Courpiere où son père, marchand ambulant et à l’occasion coureur de jupon, épousa Jeanne DEVOLLE .Jeanne était la fille de Mr DEVOLLE né à Tours sur Meymont probablement au village Beauregard, ou les derniers DEVOLLE habitaient encore récemment.

Gabriel Chanel :





naquit sur les routes en 1883 à Saumur, sa mère décéda dans sa petite enfance et Gabriel passa d’orphelinat en maison pour enfant jusqu'à ce qu'elle fut en age de travailler pendant que Mr Chanel continuait son commerce . C’est à Moulins qu'elle trouva son surnom : pour gagner sa très jeune vie elle chantait avec conviction dans les " beuglants". Sa chanson préférée ou celle qui lui était le plus souvent réclamée s’appelait : Qui qu'a vu coco? Ce nom restera à celle qui devint la « grande demoiselle » (Ce texte est inspiré des propos de Mme Odette qui est la mémoire du village.

Au bourg voisin, à 5 km, une place porte le nom de Maurice Piallat. Le cinéaste y est né, a fréquenté l’école de la petite ville et y a tourné un de ses films : Le garçu . Il se trouve que la famille Piallat est une famille de la région . Dans le petit bourg, celui dont il porte le nom, comme il est fréquent dans les familles de porter le nom d’un de ses proches, Piallat Maurice est né en 1882 et mort en 1936 et une « obélisque » sur sa tombe rapelle son souvenir et celui de sa famille